Heladería y Asociación Holanda de Cajamarca

Heladería y Asociación Holanda de Cajamarca

Cajamarca, nouvelle étape dans le Nord du Pérou. Me voilà arrivée dans une ville de petite taille, à l’ambiance très agréable, à la fois vivante et calme. La ville elle-même ne comporte pas de grand lieu culturel, mais les environs disposent de plusieurs sites intéressants. Cependant, ce ne sont pas les attractions touristiques qui m’ont attiré ici, mais plutôt l’opportunité de progresser sur le volet « Economie Durable » de mon projet.

Rencontre fortuite d’une association d’insertion des malentendants.

Mon guide Viatao n’avait pas menti, « le meilleur glacier de la ville » est encore bien plus que cela.

Pim Heijster est hollandais, sa femme Luz-Marina est péruvienne cajamarcaise. Il y a 14 ans, ils ont ouvert la « Heladería Hollanda » (le Glacier Hollandais) sur la Place d’Armes, place centrale de la ville.

 

La « Heladería Holanda » a embauché 8 malentendants La « Heladería Holanda » a embauché 8 malentendants à la fabrication de ses glaces et dans des postes de gestion. Elle forme ses autres employés au langage des signes pour leur permettre de tous communiquer sereinement.

Tous les ingrédients des glaces sont achetées dans les environs de Cajamarca, au « juste prix », en priorité à des personnes en difficulté.  Mais l’entreprise ne s’arrête pas là : tous les ingrédients des glaces sont achetées dans les environs de Cajamarca selon les principes du Commerce Equitable, c’est-à-dire, au « juste prix ». Ils ciblent en priorité des fournisseurs qui sont des mères seules et des femmes isolées. Elle sattache par ailleurs à fournir à ses employés un cadre de travail officiel, stable et protecteur, dans un pays où le droit du travail existe très peu, où les emplois sont instables et la corruption contribue à précariser l’ensemble du système.

Il y a 4 ans, Pim et Luz-Marina ont créé une association pour officialiser leur travail avec les malentendants.  De plus, il y a 4 ans, Pim et Luz-Marina ont officiellement créé une association pour formaliser ce à quoi ils travaillent depuis longtemps : L’Asociacion Holanda de Cajamarca est une association en faveur des sourds-muets. Celle-ci intervient à différents niveaux :

– formation au langage des sourds  d’enfants sourds-muets, mais également de leurs familles, professeurs, camarade d’école…

– accompagnement à l’insertion professionnelle de sourds-muets et appui aux entreprises qui les embauchent.

L’association est financée en partie par l’entreprise « Heladería Holanda », en payant par exemple les employés de l’association, et par un fond hollandais. Cela suffit pour couvrir les frais de fonctionnement de l’association, qui vise un développement pas à pas, permettant d’instaurer une indispensable confiance avec les acteurs locaux. L’association a par ailleurs été récompensée à plusieurs reprises par les autorités péruviennes : Ministère du Travail, Conseil National d’Insertion des Handicapés…

Un très bon exemple : l’entreprise éthique et durable est possible !

Voilà donc une entreprise qui a investi une grande partie de la chaine de l’économie durable :

– des achats équitables auprès de populations en difficultés,

– des employés présentant un handicap,

– et le financement par une partie de ses bénéfices d’une association a vocation sociale.

Pour le couple fondateur à la fois de l’entreprise et de l’association, cet investissement coule de source, dans une volonté de « faire bouger les choses » dans la région. Organiser l’entreprise autour d’une vocation sociale ne pénalise en aucun cas l’activité ou la performance de l’entreprise : les clients sont contents et reviennent, les employés sont contents et restent. Et pour les gérants, cela constitue une motivation de chaque instant dans leur travail.

Bonus de taille : l’expérience d’un cours pour malentendants.

Situé dans une salle de la Hospedaje Jazmines, le cours s’adresse à des enfants malentendants, ainsi que trois professeurs et deux mamans. Le professeur, lui-même sourd, accueille les participants, me présente, puis commence le cours, tout en vidéo :

1. Le professeur s’est filmé en train de raconter des histoires, chansons ou poèmes courts en langage des signes. Les participants décodent le film par deux fois, puis la traduction écrite leur est présentée, et tout le monde répète en langage des signes. Ce n’est pas simple ! On plaisante, car les femmes ne peuvent s’empêcher de parler pendant qu’elles décodent les signes. Chacune son tour doit décoder une vidéo. 

 

Apprentissage des signes avec l'Asociacion Holanda

Chacun doit à tour de rôle décoder à haute voix un texte filmé en langage des signes.

Apprentissage des signes avec l'Asociacion Holanda

Répétition des signes, à partir du texte écrit.

 

Apprentissage des signes avec l'Asociacion Holanda

On répète, tous ensemble !

 

2. Puis, toujours en vidéo, il s’agit de décoder des mots (en l’occurance les noms ds planètes) par leurs les lettres épellées, et d’apprendre le signe unique qui les désignent. Apprendre ces signes permet une communication bien plus rapide que d’épeller chaque mot. C’est au tour des enfants de répéter les signes uniques à partir des mots écrits. Ceux-ci sont imagés : Saturne se désigne par la main gauche en « O » (la planète) devant laquelle la main droite forme un « S », puis des anneaux autour de la main gauche. Pour Uranus, la main droite forme le U et décrit la couleur « bleue » de la planète!

Apprentissage des signes avec l'Asociacion Holanda

C’est au tour des enfants malentendants de « passer au tableau ».

 

Apprentissage des signes avec l'Asociacion Holanda

Concentration extrème sur ce cours difficile.

 

3. Enfin, dos au texte qu’on leur lit, les participantes doivent se souvenir des signes appris précédemment!

 

Apprentissage des signes avec l'Asociacion Holanda

Les participantes doivent répéter en langage des signes le texte qui leur est lu.

 

Les employées du Café Jazmines, une malentendante et l’autre non, viennent se joindre à ce cours détendu.

A la fin de la séance, Luz-Marina reste pour discuter avec deux enseignantes, qui lui expliquent les difficultés qu’elles rencontrent avec leurs Directions. Celles-ci n’ont malheureusement que peu de volonté pour organiser un enseignement secondaire général accessible aux malentendants, qui permettrait réellement à ces jeunes d’avoir un choix dans le métier qu’ils feront. Luz-Marina leur apporte du soutien, des idée, des encouragements pour les aider à convaincre leurs Directions de monter de véritable projets d’intégrations de malentendants.

4 Comments

  • 15/01/2015 at 10:48 · Répondre

    Bonjor
    aide pour vilage assaka

  • ChtiteCo&Family
    17/09/2013 at 12:54 · Répondre

    Génial !
    C’est vraiment un très bel engagement.

  • Lucie
    16/09/2013 at 14:26 · Répondre

    Très bien. Cette expérience devait être intéressante et riche pour toi!

  • Laurent H.
    15/09/2013 at 18:16 · Répondre

    Excellent article !!!
    Une vrai leçon d’entrepreneur intégré dans la société !


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