Huancavelica, petite bourgade perchée.

Huancavelica, petite bourgade perchée.

Découvertes en pagaille.

Nous voilà arrivées à Huancavelica, qui nous a offert en une après-midi le spectacle de toutes les saisons : depuis le grand ciel bleu et le soleil puissant qui nous ont fait dévêtir (T-shirt-pantalon de rigueur of course ;)), l’averse fracassante qui nous fait courir chercher nos imperméables, la soirée plus sèche mais bien froide où les doudounes ont été bienvenues… Voilà un cadre de balade permettant de voir la ville dans toutes ses ambiances!

 

Nous ainsi aussi profité de cette première journée ici pour faire des tests culinaires divers et variés:

– dans la rue, de la pâte cuite à la vapeur avec une sauce au miel, plutôt bon et très sucré, ou encore un petit pain avec des décors en sucre dessus, pas mal mais trop sec. Il ne devait pas être de la veille!

– au marché, des jus de fruits aux stands correspondants ;

Jus "surtido" (mélange de plein de trucs!) au marché !

Jus « surtido » (mélange de plein de trucs!) au marché !

– au resto, une assiette traditionnelle de la région: patates déshydratées dans une sauce étrange, avec du « cochon de lait » dont il n’y avait vraiment que qqs bouts de gras. Un test qui n’a pas vraiment été une réussite, heureusement que les deux autres assiettes étaient meilleures pour partager!

Spécialités Huancavelicaise

Spécialités Huancavelicaise

– mais aussi : la boisson qui fait fureur ici : l’Inca Kola ! Surprenante par sa couleur jaune vif, ultra-sucrée, ultra-chimique… Bof bof, mais il fallait bien que les filles goutent 😉

Essai d'Inca Kola !

Essai d’Inca Kola !

 

La ville elle-même est petite et plutôt charmante (particulièrement sous le soleil!). Bémol : les locaux ne semblent avoir aucune notion environnementale, particulièrement quant à la gestion des déchets.

 

Mine de Santa Barbara, ou « Mine de la Mort ».

Nature superbe autour de Santa Barbara

Nature superbe autour de Santa Barbara

Pour notre deuxième journée, nous avons opté pour une rando-acclimatation-culturelle à la mine de Santa Barbara. Cette mine de mercure a été la raison même de la fondation de la ville de Huancavelica, lorsque les espagnols ont découvert le gisement. Le mercure étant hautement toxique, les espagnols ont fait venir des esclaves africains pour travailler dans la « Mine de la Mort ».

Selon un chroniqueur de l’époque, les esclaves entraient dans la mine pour ne jamais en sortir vivants, car celle-ci comprenait dans ses labyrinthes des quartiers « d’habitation ». La mine a été modernisée à l’époque républicaine, une partie du travail manuel remplacé par un travail aux explosifs, les débris étant convoyés jusqu’à la nouvelle usine d’extraction du mercure, établie dans les années 1790! Celle-ci n’a été abandonnée définitivement qu’en 1986!! Toute l’installation perdure telle quelle, les documents étalés sur les tables de travail, les équipements industriels rouillant joyeusement aux éléments… Ambiance très étrange!

 

Dans l’ancien village de Santa Barbara, où vivaient les mineurs, des alpagas échappés d’un troupeau avoisinant sont les uniques occupants des lieux. C’est un village fantôme depuis l’abandon de la mine.

 

Une butte de terre couvre aujourd'hui les déchets de l'usine de mercure.

Une butte de terre couvre aujourd’hui les déchets de l’usine de mercure.

Il reste cependant un peu d’activité dans la zone: une entreprise minière a été mandatée pour couvrir les déchets de mercure qui devaient avoir été jetés sans précaution particulière en contrebas de l’usine. Une chape de terre munie de systèmes de drainage les couvre à présent, et des plantes devraient y être plantées… Difficile de croire que cela puisse être tout, car le ruissellement aurait sans doute vite fait de contaminer les eaux du coin, mais nous n’avons pas le détail de ce qu’il y a sous ce tas de terre. En tout cas notre guide nous assure que l’eau de la ville est contrôlée régulièrement et ne contient pas de mercure…

 

Tracteur à prendreAu village, c’est la fête. Des tracteurs et petits camions 4×4 ont été alignés sur la place pourtant piétonne, une estrade est montée. On nous explique qu’il s’agit d’engins donnés par le gouvernement à des associations de producteurs des environs! Après des discours interminables, un groupe de musique monte sur scène. Depuis un petit salon de thé de l’autre côté de la place, nous commençons par croire à un tremblement de terre. Les basses sont tellement fortes qu’elles semblent faire vibrer toute la structure du bâtiment! Voilà une nouvelle fois, après les klaxons systématiques ou les gens qui parlent fort dans les téléphones en pleine nuit dans les bus, la preuve que le rapport au bruit n’est pas du tout le même ici qu’en Europe. Sur le fond, on peut de réjouir que le gouvernement fasse un geste en faveur des communautés de la sierra, que les travaux pénibles des champs soient mécanisés, mais cela promet des le semaines compliqués pour tous ceux dont les emplois manuels vont être mécanisés. Un scénario qui n’a rien d’inconnu…

Basses assourdissantes, même à l'intérieur.

Basses assourdissantes, même à l’intérieur.

 

Retour à la nature : lacs de très haute montagne.

Pour notre deuxième journée, nous sortons carrément de Huancavelica pour aller découvrir des lacs à environ 2h30 de route. En chemin nous croisons de multiples groupes d’alpagas et de llamas. La région est en effet très tournée sur l’élevage, et ces premiers sont élevés pour leur laine et leur viande, les deuxièmes pour le transport de charges et la viande. Ils sont décorés de boucles d’oreilles colorées, qui permettent à chaque propriétaire de reconnaître son troupeau! Nous voyons aussi quelques spécimens de Puya Raimundi, de loin.

Les lacs sont enchanteurs: un premier petit, entouré de mousse et surplombé de montagnes saupoudrées de neige ; un deuxième, plus grand, où des pisciculteurs élèvent des truites dans des structures hexagonales. Nous y faisons un tour de bateau avec un pisciculteur qui nous en explique plus: ils placent les alevins dans des premières structures aux filets fins et protégées des oiseaux prédateurs, puis les transfèrent les poissons grands dans des filets à maille plus large. Les truites sont nourries tous les jours, et les pisciculteurs s’occupent également d’aller les vendre jusqu’en ville… Une autre partie de la famille s’occupe d’un troupeau de llamas pour diversifier les revenus.

Lac de Pultocc Chico.

Lac de Pultocc Chico.

 

Un peu plus loin, un lac encore plus grand, le lac de Choclococha, compte des structures piscicoles visiblement moins artisanales. Notre guide nous explique qu’il s’agit de structures appartenant à une société chilienne. La concurrence doit être rude avec les petits producteurs locaux!

Au lac de Choclococha.

Au lac de Choclococha.

 

Bain à alpagas (et moutons, et llamas...)

Bain à alpagas (et moutons, et llamas…)

Nous arrivons enfin dans un village abandonné. Les habitants, persuadés que le niveau des lacs allaient augmenter, on quitté leurs habitations pour en reconstruire plus haut. 40 ans plus tard, les ruines ne sont pas inondées, mais le village fantôme vaut un coup d’œil. L’endroit le plus intéressant: le bain à alpagas! Ceux-ci entrent d’un côté, se retrouvent baignés d’un mélange d’eau et de « médicament » pour tuer poux et parasites, et ressortent de l’autre côté. Moutons et llamas peuvent également subir le même sort… D’après notre guide cela n’est jamais très au goût des bêtes, cela doit être une sacrée scène à voir!

Village abandonné

Village abandonné

Soupe 1- Frenchies 0

L’escapade de la journée aura été superbe, mais le restaurant dans lequel on nous a emmené ne devait pas être complètement clean. La soupe a mis Charlotte KO direct, Félicie dans la nuit. Un comble de se faire intoxiquer dans un resto conseillé après avoir essayé du grignotage dans la rue. Les deux vont mieux après quelques émotions, espérons que cela ne laisse pas de séquelles sur les jours à venir.

Le train en marche

Voilà venu le moment de retourner à Huancayo, et nous avons décidé de vivre l’aventure du « Tren Macho » qui relie les deux villes. Ce surnom, si populaire que les gens ne l’appellent que comme ça, lui vient du fait « qu’il part et arrive quand il en a envie ». Le trajet est prévu en 5-6h, deux fois plus qu’en voiture, à cause d’une locomotive « fatiguée ». Nous espérons que la vue vaudra le temps de transport en plus!

Gare de Huancavelica

Félicie et le "Tren Macho"

Félicie et le « Tren Macho »

Le Tren Macho est aussi un petit blagueur… Alors que nous attendions sur le quai de la gare, tranquilles car il nous restait plus de 30 min avant le départ, le train a commencé à reculer…. Puis avancer, avec des gens à l’intérieur, quelques personnes sautant dedans… Panique! Nous attrapons nos affaire et courons après, Félicie, véritable Indiana Jones du Pérou, parvient à sauter en marche, tandis que les sacs mal fermés de Charlotte et moi laissent tomber de leur contenu, nous obligeant à nous arrêter en pleine course. Felicie veut redescendre et tombe à la reverse sur le quai, projetée par le train. On entend un sifflet, le train s’arrête. Les péruviens restés sur le quai sont hilares, et le chef de gare nous explique que le train manœuvre… Hum! Le ridicule ne tue pas, Félicie s’en sort avec une petite éraflure à la main, et nous retournons comme si de rien n’était à notre banc. No comment…

En tout cas le train sera finalement parti à l’heure. L’intérieur me rappelle les trains ou bus indiens: sièges défoncés, table bancale, fenêtres mal jointes… Alors que les premiers tunnels défilent, nous avons enfin un aperçu de l’origine de la forte odeur de friture qui nous pollue les narines depuis notre montée: un homme passe avec des assiettes d’énormes escalopes de poulet, accompagnées de généreuses portions de frites et de riz. Il n’est pas encore 7h du matin… Beurk!

Intérieur du Tren Macho

Au nombre des autres surprises du Tren Macho : des fenêtres qui créent une cascade d’eau sur notre voisin, même fermées ; une équipe télé à une des escales, accompagnée par le plus grand des hasards par notre guide de la veille, à qui Charlotte livre une interview de haut vol ; mais aussi heureusement quelques beaux paysages. Ce ne sera peut être pas le plus grand moment du voyage, mais on l’aura fait…

Paysage vu du Tren Macho.

6 Comments

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  • Charly
    09/11/2013 at 22:03 · Répondre

    J’adore la façon dont tu racontes l’épisode de la ruée vers le train!!
    Un grand moment en effet, mais finalement pas un moment de solitude puisque d’autres locaux se sont précipités comme nous. La différence est qu’ils ont réussi à grimper sans pertes ni fracas… eux ;o)

  • ChtiteCo&Family
    04/11/2013 at 22:12 · Répondre

    Les lacs ont l’air magnifiques…
    Par contre la finesse de la gastronomie locale me laisse songeuse (mais pourquoi déshydrater des patates ???).

    • stephpiou Author
      08/11/2013 at 14:12 · Répondre

      Le patates desydratées, c’est une question pratico-pratique : apparemment en l’état elles peuvent se garder 3 ou 4 ans, plutôt qu’un an (et encore…). On peut donc comprendre que cela les sauve en cas de mauvaise année… Mais de là à ce que ce soit devenu une spécialité locale même sans disette, il n’y avait pas franchement de quoi…

  • Lucie
    04/11/2013 at 11:48 · Répondre

    Que d’aventures !!


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