La saga du « R. Tucker Thomson », deux-mâts social.

La saga du « R. Tucker Thomson », deux-mâts social.

R. Tucker Thomson est un néo-zélandais qui se met en tête de construire un deux-mats dans son jardin. Malheureusement, après avoir travaillé sur son projet pendant un an, il meurt d’un problème cardiaque à 42 ans. Son fils Tod, alors âgé de 18 ans ne s’y connait pas suffisamment en construction navale pour pousuivre son oeuvre, et la coque inachevée reste plusieurs années dans le jardin familial.

Maquette du "R. Tucker Thomson"

Maquette du « R. Tucker Thomson »

Il faudra attendre plusieurs années pour que Tod rencontre Russell Harris, alors qu’ils servent tous les deux sur le même navire. Ils décident de s’associer pour terminer et exploiter ensemble le navire.

Le navire est finalement mis à l’eau en 1985, 4 ans et demi plus tard. Ce projet a fédéré voisins, entreprises locales, voyageurs de passage… Beaucoup ont participé à la construction, donnant des matériaux ou des coups de main.

Après un an et demi de tour du monde, Tod et Russel commencent une exploitation touristique : l’été en Nouvelle Zélande, l’hiver dans les Caraïbes. Ils engagent également le navire dans diverses manifestations politiques maritimes. Tod finit par revendre ses parts à Russell. Celui-ci tente alors déjà des sessions de formation pour enfants, mais son activité ne lui permet pas de dégager les finances pour plus de 2 ou 3 sessions par an. L’équipage du navire compte minimum trois personnes, et le bateau demande de l’entretien, aussi son exploitation est vraiment à la limite de la rentabilité, et le bateau se dégrade petit à petit.

En 2006 Russell décide de transformer la gestion du navire en fond de charité, géré par 7 « Trustees » – Administrateurs – aux profils différents. Ce nouveau mode de gestion est à but non-lucratif, ce qui permet d’accéder à diverses sources de financement locales: gouvernementales mais aussi privées, de bienfaiteurs locaux. Ces nouvelles rentrées d’argent permettent à la fois de remettre le navire en état, et d’organiser beaucoup plus de formations.

Ces « formations » comprennent 10 à 12 enfants, identifiés « à problème ». Pendant ces stages de 7 jours, ils apprennent les rudiments de la voile, mais le but profond des stages est surtout de leur donner une expérience de vie en société, un apprentissage du respect, de la débrouillardise. Les retours de la part des enfants et de leur entourage sont généralement très positifs.

Voici donc un cas où l’entreprise privée de Russell n’a pu développer son volet social (ni même survivre) qu’en adoptant un statut à but non lucratif, qui lui a donné accès a des financements complémentaires.

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