On a testé pour vous : le Dusky Track…

On a testé pour vous : le Dusky Track…

Que dire de notre épopée sur le Dusky Track ?

Nous sommes partis gaillardement pour un Track bien moins fréquenté que les grands classiques de Nouvelle Zélande, que l’on savait être un challenge. Les conditions, après une saison particulièrement sèche, étaient parait-il exceptionnelles. La météo nous annonçait une semaine de temps variable, mais avec un maximum de 3 à 5mm de pluie à la fois… C’est à dire vraiment trois fois rien. Alors nous nous sommes décidés : c’est parti !

Nous avons donc chargé nos sacs de vivres pour 5-6 jours. En effet, nous avons l’habitude d’être plutôt en avance sur les temps indiqués par le Department of Conservation. Nous espérons donc doubler au moins une, voire deux étapes. En marchant chaque jour, et sans faire la boucle optionnelle (un aller-retour de deux jours), cela devrait même nous laisser de la marge pour du mauvais temps…. Et nous avons embarqué confiants sur le tout petit bateau traversant le lac Hauroko…

 Une longue galère…

Que dire donc de notre épopée sur le Dusky Track, après coup ?

Et bien c’était une looooongue galère. Les conditions étaient effectivement exceptionnelles, ce qui nous a permis de nous enfoncer dans les bourbiers jusqu’aux genoux plutôt que jusqu’à la taille, et nous a dispensé de nager pour traverser les cours d’eau. Chaque étape a présenté son lot de suprises (tiens, une descente à 80°, pratique avec nos sacs de 15kgs ; tiens, la « swampy area » est un vrai marécage, il a l’air bien profond celui-ci ; oh, un cours d’eau à traverser, si on le remontait pendant 15 minutes pour trouver un arbre méga-glissant pour passer ? etc etc).

Et ce qui est sûr, c’est que les temps indiqués n’avaient strictement rien à voir avec ceux calculés sur les autres Tracks : nous avons généralement tapé dans les fourchettes hautes, voire dépassé certaines (sur un trajet de 6-8h, nous en avons mis plus de 8, notamment sur les 1000m de desescalade dans les racines). Ce qui rendait les journées plutôt longues, et surtout ne nous a pas permis de doubler d’étape. L’explication d’une néo-zélandaise croisée sur le chemin : le DOC fait une moyenne des temps mis par des gens qu’ils considèrent être le public-cible du Track… Donc pas tout à fait le même public pour une Great Walk que pour le Dusky…

Enfin, pour ne pas noircir démesurément le tableau, il faut dire que nous avons tout de même pu, à certains rares moments pendant ces 6 jours, apprécier une jolie vue. En particulier sur l’unique demi-journée où le Track passe au-dessus de la ligne des arbres (c’est-à-dire aussi au-dessus du royaume des mouches des sables qui se jettent sur vous dès que vous faites une petite pause)… Autant vous dire que nous avons bien flashouillé à ce moment là !

Nous avons aussi pu rencontrer les kea, unique espèce de perroquets des montagnes, extrèmement curieux !

On l’a testé pour vous : un monde à part.

La leçon, surtout, c’est que nous sommes partis pour faire un trek… Or le Dusky n’est pas DU TOUT un trek comme les autres. C’est un monde à part.

Nous avons fini par conclure qu’il peut combler deux ou trois catégories de personnes…

Les refuges sont simples mais accueillants, propices à rester plusieurs jours pour profiter du calme des environs...

Les refuges sont simples mais accueillants, propices à rester plusieurs jours pour profiter du calme des environs…

1) Ceux qui avaient le mieux compris le Dusky, ce sont les néo-zélandais que nous y avons croisés : chaussés de vieilles godasses pourries, vêtus de vieilles fringues trouées, ils partaient non pas pour un trek, mais deux semaines entre copains, pour pêcher, profiter de journées posés dans les refuges, au milieu de nulle part, en aventuriers. Ou pour chasser le cerf, courant dans cette région. En bref, ils partaient pour le contexte, la solitude, en prévoyant de prendre vraiment le temps d’en profiter.

2) Les autres que le Dusky peut combler, ce sont ceux pour qui « avoir fait » le trek le plus dur de Nouvelle-Zélande (d’après un chasseur croisé sur place… haha… on n’y croit pas vraiment mais il est sans doute sur le podium…) est une fin en soi. Ceux qui n’ont pas besoin que le trajet leur apporte une quelconque récompense, car les vues sont très limitées (le trajet est à 80% dans une forêt dense…). Et qui ne craignent ni l’eau ni la boue ! Moral d’acier indispensable !!

Autres spécimens qui ont pu apprécier le Dusky : ceux qui se sont fait déposer en hélico avec tout leur barda 😉 (glacière, viande fraiche, gazinière, bois de chauffage et ample provision de bières et de whisky !!!). C’est le cas de la moitié des chasseurs que nous avons croisés (soit 2 sur 4!). Pas très écolo, ni très baroudeur, mais eux ont été droit au but pour profiter sans trop galérer.

Remarque à ceux qui liraient cet article en envisageant de se lancer dans l’aventure : nous avons été très contents d’être à deux. Parce que ça permet de garder le moral dans ces longues journées, mais aussi parce que c’est rassurant dans ces montées et descentes TRES pentues et TRES glissantes. Si vous partez seuls, ne négligez pas le conseil du DOC qui est de s’équiper de Personal Locator Beacons (en location à la station Mobil de Te Anau d’après ce que nous avons compris). C’est sur place qu’on s’aperçoit à quel point cela pourrait être utile…

Epilogue : tout semble plus beau après le Dusky !

En bref, le Dusky Track, ce n’était pas été l’idée du siècle… Et heureusement que les conditions étaient favorables, nous n’aurions pas aimé voir le Track dans son état plus « classique ».

Le meilleur moment du trek : arrivée au panneau marquant la fin !

Le meilleur moment du trek : arrivée au panneau marquant la fin !

 

Mais nous y avons survécu ! Et avons même pu savourer une journée entière de soleil à Te Anau en rentrant, le temps de faire sécher le matériel, en se faisant plaisir sur des bons plats bien nourrissants ! Et tout semble plus beau, plus savoureux, plus chaud, plus sec après le Dusky…. Aaaaah, contents d’être rentrés 🙂

Le Dusky, c'est fini !

Le Dusky, c’est fini !

2 Comments

  • Lucie
    23/04/2014 at 21:23 · Répondre

    J’aurais crisé, tu me connais 😉
    Bravo à vous, remettez-vous bien.
    Bisous

  • annie
    23/04/2014 at 20:43 · Répondre

    Quelle galère mes enfants ,j’admire votre courage et votre tenacité Mais il est vrai que votre séjour vous laissera de bons et mauvais souvenirs
    Bisous
    Annie


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