Quelle place pour l’entreprenariat social en France ?

Quelle place pour l’entreprenariat social en France ?

Titre

Quelle place pour l’entreprenariat social en France ?

Auteur

Centre d’Analyse Stratégique

Date parution

Mars 2012

Introduction

L’entrepreneuriat social, qui vise à conjuguer efficacité économique et impact social, connaît aujourd’hui un essor important. Ces deux dernières années ont été marquées par des initiatives majeures : lancement du Fonds d’innovation sociale aux États-Unis, de la Big Society au Royaume-Uni et de la Social Business Initiative par la Commission européenne. Les contours de l’entrepreneuriat social restant flous, il convient de l’aborder en priorité en s’intéressant aux exemples de bonnes pratiques et aux expériences qui ont fait leurs preuves(1). Les entreprises sociales sont porteuses d’innovations susceptibles d’apporter des réponses pertinentes à des besoins sociaux peu ou mal couverts et sont aussi pourvoyeuses d’emplois durables. L’enjeu principal réside aujourd’hui dans la capacité de ces entreprises à changer d’échelle. Elles doivent, pour ce faire, relever un triple défi : mieux démontrer leur impact économique et social, diversifier leurs sources de financement, et mieux interagir avec l’économie “classique”. Les pouvoirs publics ont un rôle clé à jouer pour créer un environnement favorable à leur développement.

Ce que j’en retiens

Quelques idées clé

Le Centre d’Analyse Stratégique s’est penché sur l’entreprenariat social en général, en tant que notion plus large que « l’Économie Sociale et Solidaire ». En effet : « L’ESS met historiquement l’accent sur l’aspect non lucratif de l’activité, à travers des statuts juridiques spécifiques, alors que le mouvement des entrepreneurs sociaux met en avant l’impact social de l’activité, indépendamment du statut. » En cela, l’entreprenariat social offre des possibilités très larges, mettant au service d’une cause sociale des méthodes d’organisation et de gestion développées au départ par et pour les entreprises de l’économie de marché.

L’enjeu pour les entreprises sociales est aujourd’hui de se développer durablement et de répliquer sur de nouveaux territoires les initiatives ayant fait leurs preuves. Pour ce faire, plusieurs défis sont à relever :

–         le premier est d’accéder à un éventail plus large de sources de financement : paradoxalement, tandis que les entrepreneurs sociaux qui réussissent souffrent d’un manque chronique de capital, les investisseurs déplorent que les opportunités de participation restent limitées ; les créateurs de demain sont en effet encore peu sensibilisés à l’entrepreneuriat social ;

–         le deuxième est de renforcer l’accompagnement au développement, aujourd’hui insuffisant ;

–        le troisième est d’améliorer les mesures d’impact social qui permettent aux entrepreneurs sociaux d’apporter la preuve de leur efficacité aux investisseurs et aux pouvoirs publics.

Le document se concentre sur les moyens pour atteindre ces objectifs. Le rôle possible des pouvoirs publics y est étudié, avec des propositions concrètes :

Les propositions d'action

1. Compléter les sources de financement public traditionnel avec des dispositifs tenant compte de l’hétérogénéité du secteur

– En créant un fonds d’investissement social dédié, combinant ressources privées et publiques ;

– En expérimentant un appel à projets avec un financement dont le rendement est conditionné aux résultats, sous la forme “d’obligations à impact social”.

2.Mieux soutenir l’innovation sociale en la rendant éligible aux dispositifs publics d’accompagnement et de financement de l’innovation
3. Susciter les vocations

– En intégrant l’entrepreneuriat social dans l’accord-cadre entre le MEDEF et les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ;

– En s’appuyant sur les dispositifs existants de sensibilisation à l’entrepreneuriat dans les collèges et lycées.

4. Élargir la cible du Dispositif local d’accompagnement (DLA) à toute entreprise sociale, quel qu’en soit le statut juridique
5. Développer avec les acteurs une plateforme identifiant les bonnes pratiques et recueillant des données standardisées

Ceci afin de mieux connaître le secteur et de faciliter son accompagnement.

Pour aller plus loin

Un colloque a été organisé à l’occasion de la parution de ce document.

Ce colloque a eu lieu le 6 mars 2012 avec en invités d’honneur Muhammad Yunus,  (Fondateur de la Grameen Bank (Bangladesh) et Prix Nobel de la Paix 2006), Roselyne Bachelot-Narquin (Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale) et Valérie Pécresse (Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’Etat).

Voir le site du centre d’analyse stratégique pour la vidéo et les documents associés.

No Comments


Leave a Comment Des remarques ou commentaires ? N'hésitez pas !!