Quatre jours de trek : le Santa Cruz

Quatre jours de trek : le Santa Cruz

Nous y voilà enfin, le trek Santa Cruz commence! De bonne heure et de bonne humeur, puisqu’on nous récupère à 6h30. Nos compagnons pour ces quatre jours sont deux français de la trentaine, deux allemands de la vingtaine et deux australiens de la soixantaine, ça promet d’être animé!

J1 : belle entrée en matière.

La première épreuve de ce trek, c’est d’encaisser 5h d’une route de plus en plus vertigineuse. Les lacets s’enchaînent, jusqu’à un col à 4750m!

Puis nous atteignons enfin Vaqueria qui, du haut de ses 3700m, sera notre point de départ. Les mules nous attendent: autant être clair, il s’agit d’un trek grand luxe (parfait pour genoux fragiles)! On ne porte qu’un petit sac à la journée (eau, affaires chaudes et étanches, pique-nique), tout le reste nous retrouve comme par enchantement le soir au campement, « tels de vrais alpinistes britanniques » dixit nos compagnons australiens! Waouh!

Départ !

Départ !

 

La première journée nous permet d’entrer dans le fameux parc de Huascaran, puis de remonter une étonnante vallée plate et spongieuse. On ne s’attend pas à en trouver ici à 3800m! Elle est peuplée de vaches, mules et chevaux, appartenant aux villageois « d’en bas » mais qui paissent librement dans les hauteurs.

Nous n’en revenons pas en arrivant au camp! Les tentes de randonneurs (une pour deux mais on y tiendrait facilement à trois, les sacs sont à l’aise et nous aussi) sont déjà montées, il y a une tente cuisine, une tente-mess avec table (et nappe!) et tabourets, et même une tente-toilettes. On nous accueille avec un thé chaud et des biscuits, que nous n’avons pas l’impression d’avoir vraiment mérité au bout de quatre petites heures de marche. Ce n’est que la première journée! Le cadre est magnifique, c’est parti pour une nuit dans le froid saisissant de la Vallée de Paria à 3900m au dessus du niveau de la mer.

J2 : les choses sérieuses commencent.

Il est 6h, l’on nous fait passer une tasse de « maté de coca », infusion de feuilles de coca couramment bue dans les montagnes péruviennes, pour nous motiver à nous lever. Aujourd’hui, on ne joue plus petit-bras, c’est de la vraie rando « de grand »: nous nous élevons doucement dans la vallée voisine, dominée par un Taulliraju caché dans les nuages. Puis la pente se fait plus dure, les lacets s’enchaînent, les lacs apparaissent et disparaissent derrière nous, jusqu’au col de Punta Union. Nous voilà remontés, à pied, jusqu’à 4750m! L’altitude ne nous a pas posé de problème, à peine le souffle court dans la montée. Les Allemands, moins bien préparés, ont plus de mal, mais tout le monde parvient au col et retrouve vite un grand sourire!

 

Pour nous récompenser, les nuages daignent enfin se lever assez pour laisser deviner le sommet du mont majestueux qui, sur son autre versant, abrite un impressionnant glacier. Le déjeuner est un pantagruélique pique-nique dévoré en admirant le mont, le glacier et le lac en contrebas.

 

Il ne reste plus qu’à descendre jusqu’à notre prochain campement, d’où nous pouvons admirer la face Sud du terrible Alpamayo (5947m), connu pour être un des sommets les plus difficiles de la Cordillère, mais également l’Artesonraju (6025m). Voilà des sommets que j’avais repéré depuis la France dans mon superbe livre des plus belles montagnes du monde (merci GPSI!), ils sont maintenant là, sous nos yeux!

Nous sommes à 4200m d’altitude, je n’ai jamais dormi aussi haut! Pourtant, ici, en zone tropicale, l’altitude n’a pas le même effet sur la physiologie de même que sur la faune et la flore. Nous nous trouvons donc dans une prairie verdoyante où chevaux, mules et vaches sont à leur aise ; rien à voir avec le souvenir du monde minéral et pelé que j’avais découvert au Népal à une altitude équivalente…

 

J3 : saisissants contrastes.

Pancakes au réveil du troisième jour, qui l’eut cru? Nous les engloutissons en espérant ne pas nous réveiller de ce rêve improbable. Il faut bien cela, car une pluie gelée martèle la tente et le moral des troupes. Mais à 7h nous sommes tous là, bien couverts et prêts à en découdre ! Et le soleil semble l’apprécier, car il chasse bien vite les nuages et rend à nouveau superflues les épaisseurs de doudoune et de polaire. Il s’agit de s’enfoncer dans la vallée de l’Alpamayo jusqu’à son camp de base. De là les alpinistes les plus téméraires partent pour le camp 1 puis le sommet, mais uniquement entre mai et août, mois où la météo permet l’ascension. Le camp de base lui-même n’a que peu d’intérêt, et nous repartons vite pour le lac qui, quelques lacets au-dessus, est bien plus beau malgré les nuages.

Nous sommes à 4500m, et à partir de là, il n’y à plus qu’à redescendre. Ce qui ne nous arrange pas franchement, avec nos genoux fragiles…

Incroyable paysage que celui de la vallée de Santa Cruz que nous descendons, et qui a donné au trek son nom. Il y a un an et demi, une énorme avalanche de roche et de glace avait dévalé de l’Artesonraju, et complètement sorti de son lit le lac qui dormait en contrebas. La vallée s’en est trouvée submergée d’un lit d’alluvions sableux, qui lui donnent aujourd’hui l’aspect d’un désert complètement déplacé. L’on parcourt plus de distance que de dénivelé dans cette vallée quasi plate et caillouteuse, et les genoux commencent à bien tirer lorsque l’on arrive enfin au dernier campement, de nouveau à 3800m.

Le torrent rafraîchit, la partie de dés occupe, les tequeños (roulés au fromage) du goûter préparent l’estomac pour le dîner qui finit de rassasier, et hop, au lit! C’est fou comment on se couche volontiers à 20h à peine passées quand le froid mord, dès le soleil couché.

 

J4 : descente finale et retour à la civilisation.

Quatrième et dernier jour, prévu pour être court et entièrement en descente, afin de rejoindre le minibus aux alentours de midi à Cashapampa. La vallée de Santa Cruz se rétrécit nettement et le torrent se déchaîne, tandis que nous retrouvons de plus en plus d’arbres au fur et à mesure de la décente. Il y a même quelques cactus en fleur! Le genou de Nicolas a malheureusement décidé de se manifester plus nettement, rendant la demi-journée fort pénible. C’est donc le bon moment pour que cela se termine.

 

Nous repartons pour Huaraz avec plein de belles images en tête, ravis de cette expérience, et en même temps pas mécontents de retrouver un vrai lit et une douche chaude!

5 Comments

  • Laetitia
    14/10/2013 at 22:40 · Répondre

    ah, tu voulais de la montagne… tu as du etre servie !
    C’est sur que la montagne dans un livre au bureau, c’est bien, mais en prendre plein les yeux, ca te correspond mieux ! merci pour ces superbes photos qui nous donnent un bel aperçu, continuez de bien profiter, bisous à tous les deux !

  • Lucie
    14/10/2013 at 13:39 · Répondre

    Magnifique encore une fois, reposez-vous bien maintenant !
    Bisous à tous les 2

  • Jean-claude
    13/10/2013 at 18:50 · Répondre

    Super, ce trek, cela donne envie.
    C’est tellement bien raconté que l’on se croit avec vous, sans le froid et sans la fatigue
    Bisous à tous les deux.
    Jean-Claude

  • annie.justin
    13/10/2013 at 09:05 · Répondre

    superbe photos.Ce trek vous laissera un bon souvenir malgre les problemes de genoux Pour nous derriere l’ecran la montee et la descente se sont bien passées!!!
    Bisous à tous les deux

  • Pap´s
    12/10/2013 at 18:53 · Répondre

    Ça c’est de la balade !
    Merci de nous la faire si bien partager.
    Du coup on a pas eu si froid que ça. Ni trop mal aux pieds d’ailleurs 🙂
    Mille gros bis à tous les deux,
    Pap’s


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