Quelques exemples de social businesses

Les social businesses sont des entreprises à vocation sociale se basant sur un modèle imaginé par le Pr.Muhammad Yunus. Ce concept lui a valu le prix Noel de la Paix en 2006. Il est développé dans de multiples publications, dont le livre « Pour une Economie Plus Humaine – Construire le social-business« .

Les social businesses « indépendantes »

Graamen phone

Grameen Phone

 

Grameen Telecom et Grameen Phone

Objectif : donner accès aux pauvres à la téléphonie mobile.

Modèle : Grameen Phone a rapidement étendu son réseau de télécoms dans tout le pays jusqu’à devenir la plus grande entreprise privée au Bengladesh. La Grameen Bank accorde des prêts à des femmes pauvres afin de leur permettre d’acheter un téléphone portable et de vendre du temps de communication à ceux qui ne disposent pas de leur propre appareil.

Les objectifs sociaux poursuivis par Grameen Phone sont expliqués sur leur site Internet.

 

Grameen Shakti (Grameen Energie)

Grameen Shakti

Grameen Shakti

Objectif : founir les villages avec des appareils fonctionnant à l’énergie solaire (systèmes domestiques d’énergie solaire, appareils de cuisson et systèmes de production de biogaz).

Modèle : Grameen Shakti (GS) vend des installations qui permettent une production locale d’énergie respectueuse de l’environnement. L’entreprise propose également la formation pour tous les acteurs locaux, depuis le consommateur pour lui donner la capacité d’entretenir son installation jusqu’aux maçons et ouvriers locaux qui doivent savoir installer le matériel.

Fort de son succès avec quelques 60 000 appareils installés par an, GS a constitué 45 Centres Technologiques Grameen, dans lesquels les femmes reçoivent des formations de techniciennes sur les installations solaires. Cette formation leur permet soit d’être employées dans les Centres Technologiques pour produire des accessoires GS, soit de créer une activité locale de maintenance des appareils de GS. GS participe ainsi à l’ambition des sociétés Grameen de soutenir l’entreprenariat féminin visant à subvenir aux besoins familiaux.

Plus d’informations sur le site Internet de Grameen Shakti.

Grameen Healthcare

Grameen Healthcare

Grameen Healthcare

Objectif : Tente de créer une social business paliant aux défauts du système de santé, en se concentrant sur la prévention et proposant des diagnostics, des bilans, des assurances maladie, des conseils santé et nutrition etc… Elle s’appuie sur la téléphonie mobile pour permettre la communication entre les villages éloignés à des médecins et experts basés dans les villes.

Grameen Healthcare se diversifie sous forme de joint venture pour fournir des services de santé spécialisés (ex : ouverture de lits pour opérations chirugicales).

Perspectives : Grameen Healthcare va ouvrir des écoles d’infirmières s’adressant en priorité aux filles des bénéficiaires de la Grameen Bank.

Plus d’informations sur le site Internet de Grameen Healthcare.


Les Joint Ventures avec des entreprises classiques

Voici d’autres exemples de social businesses, nées cette fois-ci des efforts réunis de la Grameen Bank et de partenaires internationaux.

Le projet pilote : Grameen Danone, joint venture entre la Grameen Bank et Danone.

Grameen Danone Foods Ltd

Grameen Danone Foods Ltd

Cette social business a été la première du genre. Née de l’amitié entre Muhammad Yunus et Franck Riboud, PDG de Danone, elle a ouvert de nouvelles perspectives au social business, en lui donnant une crédibilité internationale.

Objectif : produire des yaourts très concentrés en micro-nutriments destinés aux enfants pauvres, dans le but de lutter contre la malnutrition dont souffrent les enfants au Bengladesh.

Modèle : les yaourts sont produits dans une petite usine située près de Bogra, en zone rurale. Les yaourts sont produits à partir de lait et de mélasse de dattes produits localement. Ils sont distribués en milieu rural par un réseau de femmes-entrepreneurs, les « Grameen Danone Ladies », et en milieu urbain au travers d’un réseau plus conventionnel. L’entreprise permet donc d’employer de nombreux acteurs locaux. Le prix des yaourts, contraint par le pouvoir d’achat très faibles des personnes à qui ils sont destinés, pose de véritables défis pour atteindre la rentabilité, et donc la durabilité, de l’entreprise.

Pourquoi une entreprise française cotée en Bourse irait-elle investir dans une joint-venture (JV) avec Grameen ?

Pour son image, est peut être la première réponse qui vous vient à l’esprit. Car une entreprise classique, cotée par dessus le marché, ne peut qu’avoir des motifs sournois pour investir dans une telle activité…

Muhammad Yunus a pour sa part une réponse pleine d’humour : « Vous me demandez comment j’ai pu laisser Danone utiliser mon image pour créer Grameen Danone Foods ? Moi qui croyais que c’était moi qui les utilisais !!! ». Il aborde ainsi la possibilité d’un partenariat « donnant-donnant » où chacun trouve son compte :

– Pour Grameen, la JV a d’abord été le moyen de propulser le social business sur la scène internationale. Le modèle devenait crédible car il était capable d’intéresser une grande entreprise occidentale. Le partenariat a par ailleurs donné la possibilité à Grameen d’utiliser l’expertise de Danone dans la conception et construction de l’usine, dans la formulation et le conditionnement des yaourts, dans leur distribution…

– Pour Danone, le projet Grameen Danone Foods est un facteur de motivation pour actionnaires, dirigeants et employés. Il procure par ailleurs un terrain d’expérimentation inédit en termes de contraintes de coûts, de production, de distribution, de pénétration dans un marché inconnu… Elle y gagne donc un savoir-faire qu’elle pourra réutiliser dans d’autres circonstances. La bonne image que peut donner la JV au groupe Danone n’est donc qu’un des aspects positifs que le groupe tire du projet.

– Et par delà les deux entreprises, la valeur ajoutée de ce partenariat pour les pauvres du Bangladesh se mesure dans les études médicales en cours sur l’évolution de la malnutrition infantile.

Alors pourquoi se priver d’un aussi beau projet ?

D’autres projets de joint ventures

Grameen Veolia Water Company : joint venture entre la Grameen Bank et Véolia

Objectif : fournir de l’eau potable aux villages du Bengladesh dans lesquels la contamination de l’eau par l’arsenic (contamination naturelle liée à la géologie des sols).

Joint venture entre la Grameen Bank et BASF

Objectif : produire des moustiquaires traitées chimiquement, accessibles aux plus démunis, pour faire reculer les maladies transmises par les moustiques (ex : la malaria)

Joint venture entre la Grameen Bank et Intel

Objectif : utiliser les technologies de l’informatique et de la communication pour aider à résoudre les problèmes de pauvres dans les campagnes

Joint venture avec Adidas

Objectif : produire des chaussures abordables pour la population disposant de très faibles revenus pour faire reculer les maladies parasitaires qui s’attrapent en marchant pieds nus

Joint Venture avec Otto GmbH

Objectif : produire en Asie des vêtements destinés à être exportés vers les pays développés. L’entreprise s’efforcera d’employer des personnes économiquement marginales : femmes et handicapés. Les profits générés par cette entreprise seront utilisés pour améliorer la qualité de vie des employés, de leurs enfants et des pauvres du voisinage.